Spectacles

Création en cours
Art de la rue / Cinéma

Un homme sur un pont (ou autre lieu extérieur en situation de désespoir).
À l’autre bout de la place, une visite touristique a commencé.
Dans la bonne humeur, Victor Taffe, guide de la ville, un rien décalé, ambiance le public sur un ton qui se veut professionnel. Il conduit le groupe et, progressivement, la visite les conduit jusqu’au niveau du pont : Un homme est là, monté sur le parapet, un paquet sous le bras, prêt à sauter. L’urgence pousse Victor à agir ; il interpelle l’homme et le dialogue se noue. L’homme, c’est Eugène True, un Voyageur Représentant Placier, grand professionnel, qui est sur le point de craquer. Le dialogue devient confidence.
La vie d’Eugène est de sillonner les routes de France pour présenter des couteaux de cuisine grand luxe aux professionnels. Depuis vingt ans qu’il travaille dans cette boîte, la Maison Mustoff, sa vie est réglée sur son travail et autour de sa femme dont il continue à être amoureux.
Mais depuis quelques temps, quelque chose s’est dérégler dans cette vie qu’il croyait heureuse. Son métier l’intéresse moins et sa femme, brutalement, s’est arrêtée de sourire. Le désespoir a fait son entrée et sa vie a commencé à mentir.
Au fil du dialogue, la relation devient plus intime et les touristes/spectateurs venus au départ pour assister à une visite touristique, changent imperceptiblement de statut : les acteurs sont proches, intimes ; ils assistent, en témoins à la confidence d’Eugène.
La visite s’est métamorphosée en un voyage intérieur. Eugène nous raconte sa vie, et Victor commence à se livrer lui aussi ; chacun porte sa blessure et tente de l’étouffée en lui-même. On a tous besoin de parler et de se confier; et l’autre qui nous écoute pourrait bien être celui qui nous soulagera. Jusqu’au moment où Eugène nous révèle son secret : dans ses temps de loisir, au cours de ses voyages, dans les chambres d’hôtel ou dans les cafés, Eugène écrit.
Il écrit des poèmes. Depuis toujours il rêve d’être poète. Et Il avoue alors la véritable raison de sa venue dans cette ville : un rendez-vous avec un mystérieux éditeur ; un certain Miguel Angel Hopkins qui a montré beaucoup d’intérêt pour sa poésie et qui lui aurait laissé entrevoir la perspective d’une édition de ses poèmes. Mais, terrassé par le trac, Eugène se dégonfle et renonce à aller au rendez-vous.
Sous son bras, le paquet renferme les poèmes qu’il souhaitait confier à l’éditeur. Victor, grand coeur, refuse qu’Eugène renonce à son rêve, si près du but. Il faut aller au bout du voyage ! Et livrer le paquet à destination. Il est temps qu’Eugène vive sa vie et deviennent celui qu’i est véritablement. Le Rêve ça s’appelle.
Dans la grande salle des Éditions Grand Ciel, tous, personnages et spectateurs, se tiennent dans l’attente. Miguel Angel Hopkins, l’éditeur, s’apprête à les recevoir. MAH est un personnage démonstratif et fantasque. Il se met volontiers en scène et joue, travesti, les personnages qui peuplent son monde : sa secrétaire, un poète
qu’il maltraite et met à la porte…
Puis vient le moment de la rencontre où l’on entre dans le bureau de Miguel. Mise en abîme totale de notre histoire : Eugène et Victor qui pensaient jusque là être des êtres de chair dans ce monde bien réel découvrent qu’en réalité ils ne sont que des personnages de fiction d’un roman que Miguel Angel Hopkins est en train d’écrire et qu’il peine à finir. La raison : son personnage principal lui résiste et la source de son inspiration se tarie. Eugène comprend, il comprend la manoeuvre de Miguel et le pourquoi de sa présence dans son bureau. Il tente de s’échapper. Mais Miguel le retiens prisonnier de son corps de papier et d’encre : Eugène, personnage principal d’un roman, La vie nouvelle d’Eugène True, porte en lui la solution qui permettra à l’auteur de remonter à la source de son inspiration créative ; Et la clé, nous allons le découvrir, réside dans un sourire.


Agenda

Le 14 juillet 2019 (2 représentations – Tout public)
Générales Publiques
Festival Fêtes Escales – Vénissieux